Vous aviez décidé.
Cette fois, vous alliez poser cette limite.
Prendre davantage soin de vous.
Faire ce projet qui vous tient à cœur.
Vous accorder enfin du temps.
Cesser de revenir vers une situation qui vous épuise.
Et pourtant, au moment d’avancer, quelque chose s’est produit.
Vous avez repoussé.
Trouvé une raison d’attendre encore.
Accepté une nouvelle demande alors que vous aviez décidé de dire non.
Recommencé à douter d’une décision qui vous semblait pourtant évidente quelques jours auparavant.
Alors la petite phrase arrive :
« Je me sabote encore. »
Elle est dure, cette phrase.
Parce qu’elle donne l’impression qu’une partie de vous chercherait volontairement à empêcher l’autre de vivre mieux.
Comme si vous étiez à la fois celui qui veut avancer et celui qui lui barre le passage.
Mais si nous regardions les choses autrement ?
Et si ce que vous appelez auto-sabotage n’était pas une volonté de vous faire échouer ?
Et si une partie de vous essayait simplement de préserver quelque chose qu’elle considère encore comme important : votre sécurité, votre place, votre stabilité, votre appartenance, le regard des autres ?
Peut-être que vous n’êtes pas en guerre contre vous-même.
Peut-être que deux besoins cherchent simplement à être entendus en même temps.

L’auto-sabotage n’est pas toujours ce que l’on croit
Le terme est devenu courant.
Nous disons que nous nous sabotons lorsque nous procrastinons, lorsque nous revenons vers une situation que nous voulions quitter, lorsque nous doutons au moment d’avancer ou lorsque nous répétons un comportement que nous savons pourtant coûteux.
Mais cette manière de voir contient déjà un jugement.
Elle suppose qu’une partie de nous agit contre notre intérêt.
Or notre fonctionnement intérieur est souvent plus subtil.
Un comportement peut être devenu inconfortable tout en continuant à remplir une fonction importante.
La procrastination peut éviter temporairement la peur d’échouer.
Le perfectionnisme peut protéger du jugement.
La difficulté à poser une limite peut préserver le lien.
Le besoin de tout contrôler peut maintenir une sensation de sécurité.
Le fait de rester dans une situation familière peut éviter l’incertitude.
Vu de l’extérieur, cela ressemble à un frein.
Vu de l’intérieur, cela peut encore ressembler à une protection.
Une partie de vous peut vouloir avancer pendant qu’une autre cherche de la sécurité
Nous aimons imaginer que nous sommes animés par une seule intention.
En réalité, plusieurs besoins peuvent coexister.
Vous pouvez vouloir prendre davantage votre place et craindre de décevoir.
Vous pouvez avoir besoin de repos et vous sentir coupable lorsque vous vous arrêtez.
Vous pouvez aspirer à une évolution professionnelle tout en étant profondément attaché à la sécurité de ce que vous connaissez.
Vous pouvez vouloir poser une limite et craindre simultanément que cette limite modifie la relation.
Il n’y a rien d’illogique là-dedans.
Une partie de vous regarde ce qui pourrait devenir plus juste.
Une autre regarde ce qu’elle pourrait perdre.
Et tant que ces deux dimensions ne sont pas réconciliées, vous pouvez ressentir cette impression étrange d’avancer d’un pas puis de reculer de deux.
Ce n’est peut-être pas de l’auto-sabotage.
C’est parfois simplement un conflit entre un besoin d’évolution et un besoin de sécurité.
Pourquoi revenons-nous parfois vers ce que nous savons ne plus nous convenir ?
Parce que le familier possède une force considérable.
Il n’est pas nécessairement agréable.
Mais il est connu.
Nous savons comment nous comporter dans une situation familière.
Nous connaissons les codes.
Nous savons quelle place prendre.
Même lorsque cette place est devenue fatigante.
Une personne qui s’est longtemps sentie utile en prenant soin de tout le monde peut ressentir un grand vide lorsqu’elle commence à ne plus le faire.
Une personne qui a toujours anticipé peut se sentir étrangement vulnérable lorsqu’elle décide de ne plus tout prévoir.
Une personne habituée à être irréprochable peut se sentir en danger à l’idée de simplement faire « suffisamment bien ».
Le nouvel équilibre peut être plus juste.
Mais il est encore nouveau.
Et notre système intérieur a parfois besoin de temps et d’expériences pour intégrer qu’il est également suffisamment sûr.
Le problème n’est pas toujours que vous ne voulez pas assez
Nous avons tendance à répondre à nos blocages par davantage de volonté.
« Il faut que je m’y mette. »
« Il faut que j’arrête de réfléchir. »
« Il faut que je dise non. »
« Il faut que je sois plus discipliné. »
Mais la volonté ne parle pas toujours le même langage que nos automatismes.
Vous pouvez décider consciemment de ralentir et continuer à ressentir une tension dès que vous vous reposez.
Vous pouvez décider de ne plus chercher l’approbation et continuer à être profondément affecté par la déception de quelqu’un.
Vous pouvez savoir qu’un projet vous correspond et ressentir malgré tout une peur intense au moment de vous exposer.
La solution n’est donc pas forcément de vous forcer davantage.
Il peut être beaucoup plus utile de comprendre :
« Qu’est-ce qui devient inconfortable pour moi au moment où je commence à avancer ? »
Cette question ouvre souvent des réponses plus intéressantes que :
« Pourquoi est-ce que je suis encore incapable de le faire ? »
Ce que vous appelez résistance peut avoir été une ressource
Une résistance ne naît pas toujours contre nous.
Elle apparaît souvent pour une raison.
Peut-être avez-vous appris à ne pas trop vous exposer parce que cela vous protégeait du jugement.
Peut-être avez-vous développé une grande capacité d’adaptation parce qu’elle vous aidait à préserver la paix autour de vous.
Peut-être avez-vous appris à tout maîtriser parce que l’imprévu a longtemps été difficile.
Ces stratégies ont parfois été très intelligentes.
Elles ont permis de traverser certaines étapes.
Le problème apparaît simplement lorsqu’elles continuent à s’activer alors que votre vie et vos ressources ont évolué.
Ce n’est donc pas votre passé qu’il faut combattre.
Il peut s’agir plutôt d’aider votre système à actualiser ses repères.
À comprendre qu’aujourd’hui, vous disposez peut-être de davantage de ressources, de discernement et de liberté qu’autrefois.

La peur de réussir existe parfois, mais elle cache souvent autre chose
On parle beaucoup de peur de l’échec.
Mais certaines personnes ressentent également une forme d’inconfort lorsqu’une chose commence justement à fonctionner.
Un projet avance.
Une opportunité se présente.
Une relation devient plus stable.
Une nouvelle place devient possible.
Et soudain, le doute apparaît.
Non parce que la réussite serait réellement effrayante en elle-même.
Mais parce qu’elle peut modifier certains repères.
Si ce projet fonctionne, vais-je devoir davantage m’exposer ?
Si je prends cette place, que vont penser les autres ?
Si je vais mieux, pourrai-je encore dire que j’ai besoin d’aide ?
Si je deviens plus autonome, certaines relations vont-elles évoluer ?
Ce n’est donc pas toujours la réussite que l’on craint.
Ce sont parfois les conséquences symboliques qu’elle représente.
Une évolution peut demander de quitter certaines anciennes définitions de soi.
Et cela peut nécessiter un temps d’ajustement.
L’auto-sabotage peut aussi se cacher derrière le perfectionnisme
Vous voulez faire quelque chose.
Mais vous attendez d’être prêt.
D’avoir davantage de temps.
Plus de connaissances.
La bonne énergie.
Les bonnes conditions.
Alors le projet reste en attente.
Le perfectionnisme peut donner l’impression d’exiger l’excellence.
Mais il protège parfois d’autre chose :
si ce n’est jamais terminé, cela ne peut pas vraiment être jugé.
Si ce n’est jamais lancé, cela ne peut pas échouer.
Et si vous attendez d’être parfaitement prêt, vous pouvez rester très longtemps dans la préparation.
Le réajustement ne consiste pas forcément à devenir moins exigeant.
Il peut consister à accepter que certaines choses puissent exister avant d’être parfaites.
À découvrir que votre valeur ne dépend pas du résultat impeccable de chaque chose que vous entreprenez.
Il existe aussi une forme d’auto-sabotage dans le fait de toujours remettre ses besoins après ceux des autres
Vous savez que vous êtes fatigué.
Mais quelqu’un demande quelque chose.
Alors vous acceptez.
Vous aviez prévu une soirée tranquille.
Mais une personne vous sollicite.
Vous vous rendez disponible.
Votre besoin existe.
Mais il passe encore après.
Ce comportement peut sembler généreux.
Et il l’est parfois.
Mais lorsqu’il devient automatique, il peut progressivement créer une grande fatigue intérieure.
Le problème n’est pas de prendre soin des autres.
Il apparaît lorsque votre système ne vous autorise plus à vous inclure dans la liste des personnes dont il faut aussi prendre soin.
Apprendre à vous accorder une place ne signifie donc pas en retirer une aux autres.
Cela signifie simplement vous remettre également dans l’équation.
Pourquoi les transitions de vie réveillent-elles parfois davantage ces résistances ?
Parce qu’une transition remet naturellement certains repères en mouvement.
Ce qui semblait stable devient moins évident.
Vous commencez à vous demander ce qui vous correspond aujourd’hui.
Vous percevez davantage certaines limites.
Vous ressentez plus clairement ce qui vous épuise.
Et au même moment, une partie de vous cherche à maintenir la stabilité.
Ces deux mouvements peuvent coexister.
C’est pourquoi une transition peut parfois donner une sensation de contradiction intérieure.
Vous sentez qu’une évolution est nécessaire.
Mais vous ne souhaitez pas tout bouleverser.
Et vous n’avez pas à le faire.
Le passage peut se construire progressivement.
Un repère après l’autre.
Une limite après l’autre.
Une nouvelle expérience après l’autre.
L’évolution n’a pas besoin d’être violente pour être profonde.
Retrouver de l’espace intérieur avant de forcer le mouvement
Lorsqu’une personne se sent freinée, elle cherche souvent à accélérer.
Mais plus elle se force, plus la résistance peut devenir importante.
C’est parfois comme tirer très fort sur une porte qui s’ouvre dans l’autre sens.
Davantage d’effort ne résout pas nécessairement la situation.
J’accompagne ces périodes pour apaiser ce qui sature, dénouer les blocages émotionnels et retrouver de l’espace intérieur.
Parce que lorsque la saturation diminue, il devient plus facile d’entendre ce qui se joue réellement.
Est-ce une peur ?
Une ancienne loyauté ?
Un besoin de sécurité ?
Une culpabilité ?
Une manière de préserver le lien ?
Ce qui ressemblait à un obstacle devient alors souvent beaucoup plus compréhensible.
Et ce qui est compris autrement peut commencer à s’assouplir.
Comment l’hypnose ericksonienne peut-elle accompagner l’auto-sabotage ?
L’hypnose ericksonienne permet de travailler avec certains automatismes autrement que par la seule volonté consciente.
Elle ne cherche pas à vous forcer à faire ce que vous n’arrivez pas à faire.
Elle ne cherche pas non plus à supprimer une résistance par la force.
L’intérêt est plutôt d’entrer en relation autrement avec ce qui se joue.
Comprendre ce qu’une réaction protège.
Ce qu’elle anticipe.
Ce qu’elle cherche à éviter.
Et permettre progressivement à votre système intérieur de découvrir d’autres réponses.
Une partie de vous peut alors intégrer qu’elle n’a peut-être plus besoin de vous protéger exactement de la même manière.
C’est souvent là que le mouvement devient plus naturel.
Non parce que vous avez gagné une bataille contre vous-même.
Mais parce qu’il y a moins de bataille.
L’hypnose est au cœur de mon travail, mais je n’accompagne jamais deux personnes de la même manière
Deux personnes peuvent toutes les deux dire :
« Je me sabote. »
Pour l’une, il peut s’agir d’une peur du jugement.
Pour une autre, d’un besoin de sécurité.
Pour une autre encore, d’une difficulté à prendre une place différente dans sa famille ou dans son travail.
C’est pourquoi je ne travaille jamais uniquement avec le mot « auto-sabotage ».
Je cherche à comprendre la logique singulière qui se trouve derrière.
L’hypnose est au cœur de mes accompagnements, mais leur qualité ne repose pas seulement sur l’outil.
Elle repose aussi sur ma manière singulière de l’utiliser, de l’adapter et de l’intégrer à chaque personne, avec la sensibilité qui est la mienne.
Je ne cherche pas à appliquer un protocole standard à un comportement.
J’écoute ce qui se joue chez vous.
Ce qui résiste.
Ce qui protège.
Ce qui a besoin d’être rassuré.
Ce qui est déjà prêt à évoluer.
Et ce qu’il serait encore inutile de brusquer.
C’est cette adaptation qui permet à l’accompagnement de rester profondément individualisé.

Vous n’avez pas besoin de devenir une personne totalement différente
Vous pouvez rester prudent sans rester bloqué.
Généreux sans vous oublier.
Exigeant sans vous épuiser.
Attentif aux autres sans anticiper chaque réaction.
Responsable sans porter ce qui ne vous appartient pas.
L’objectif n’est donc pas de supprimer certaines parts de vous.
Il est de leur permettre de fonctionner avec davantage de souplesse.
Ce qui était autrefois une protection peut devenir un choix.
Ce qui semblait obligatoire peut redevenir optionnel.
Et cette différence est immense.
Parce que lorsque vous avez le choix, vous ne luttez plus contre vous-même.
Vous pouvez simplement décider ce qui correspond le mieux à la personne que vous êtes aujourd’hui.
Et si vous cessiez de vous parler comme à votre propre adversaire ?
« Je suis incapable. »
« Je me sabote toujours. »
« Je fais n’importe quoi. »
« Je recommence encore. »
Ces phrases donnent rarement envie d’avancer.
Elles ajoutent simplement du jugement à une difficulté déjà présente.
Peut-être pouvez-vous remplacer progressivement :
« Pourquoi est-ce que je me sabote ? »
par :
« Qu’est-ce qui, en moi, a encore besoin d’être suffisamment rassuré pour avancer autrement ? »
La seconde question ne vous excuse pas de tout.
Elle ne vous empêche pas d’agir.
Elle crée simplement un espace dans lequel l’action ne naît plus du rejet de soi.
Elle peut naître de la compréhension.
Les nouveaux repères s’installent souvent dans de petites expériences
Une évolution intérieure ne ressemble pas toujours à un grand déclic.
Elle peut commencer lorsque vous faites quelque chose de légèrement différent.
Vous laissez un message attendre avant de répondre.
Vous prenez le temps de réfléchir avant d’accepter.
Vous publiez quelque chose sans le retravailler vingt fois.
Vous dites ce que vous pensez avec calme.
Vous vous reposez sans essayer immédiatement de rendre ce repos utile.
Vous acceptez de ne pas maîtriser complètement la réaction de quelqu’un.
Ces expériences peuvent sembler petites.
Mais chacune envoie un nouveau message à votre système :
« Je peux faire autrement et rester en sécurité. »
Et peu à peu, ce nouveau chemin devient lui aussi plus familier.
Vous n’êtes peut-être pas en train de vous empêcher d’avancer
Vous êtes peut-être simplement en train d’apprendre à avancer sans utiliser exactement les mêmes protections qu’autrefois.
Et cela demande parfois du temps.
De la compréhension.
De nouvelles expériences.
Un espace suffisamment sécurisant pour que certaines résistances puissent s’assouplir.
Vous n’avez pas besoin de forcer toutes les portes.
Certaines s’ouvrent plus facilement lorsqu’on comprend d’abord pourquoi elles étaient restées fermées.
Vous vous reconnaissez dans cette sensation d’avancer puis de revenir en arrière ?
Vous savez peut-être ce que vous aimeriez vivre autrement.
Vous avez déjà beaucoup réfléchi.
Vous avez pris des décisions.
Et pourtant, certaines résistances semblent revenir précisément lorsque vous commencez à avancer.
Cela ne signifie pas nécessairement que vous manquez de volonté.
Peut-être qu’une partie de vous cherche encore à préserver un ancien équilibre.
J’accompagne ces périodes pour apaiser ce qui sature, dénouer les blocages émotionnels et retrouver de l’espace intérieur, afin que de nouveaux repères puissent progressivement devenir suffisamment sûrs pour être vécus.
Mon accompagnement repose principalement sur l’hypnose ericksonienne, utilisée de manière ciblée et profondément individualisée.
Il ne s’agit pas de vous pousser.
Ni de vous transformer.
Il s’agit plutôt de permettre à ce qui se défend encore de ne plus avoir besoin de se défendre autant.
Pour que vous puissiez avancer avec davantage de cohérence.
Et moins de lutte intérieure.
→ Découvrir mon accompagnement en transitions de vie
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Questions fréquentes sur l’auto-sabotage
Qu’est-ce que l’auto-sabotage ?
Le terme auto-sabotage désigne généralement des comportements ou réactions qui semblent aller à l’encontre de ce que nous souhaitons consciemment : procrastination, évitement, perfectionnisme, difficulté à poser des limites ou retour vers des fonctionnements que l’on souhaitait faire évoluer.
Pourquoi est-ce que je me sabote alors que je sais ce que je veux ?
Parce que plusieurs besoins peuvent coexister. Une partie de vous peut vouloir avancer tandis qu’une autre cherche à préserver la sécurité, la stabilité, le lien ou certains repères familiers. Cela peut créer une impression de contradiction intérieure.
L’auto-sabotage est-il un manque de volonté ?
Pas nécessairement. Certains comportements sont devenus automatiques et peuvent avoir eu une fonction de protection. La volonté consciente ne suffit donc pas toujours à les faire évoluer durablement.
Pourquoi je procrastine précisément sur les choses importantes pour moi ?
Plus un projet compte, plus il peut réveiller certaines peurs : peur du jugement, de l’échec, de l’exposition ou de ne pas être à la hauteur. La procrastination peut alors constituer une manière temporaire d’éviter cet inconfort.
Comment l’hypnose peut-elle accompagner l’auto-sabotage ?
L’hypnose ericksonienne peut permettre d’explorer ce qui entretient certains automatismes ou résistances et d’ouvrir progressivement d’autres possibilités de réponse. Dans ma pratique, ce travail est toujours adapté à la personne et à la fonction particulière que possède le comportement chez elle.
Faut-il forcer ses résistances pour avancer ?
Pas nécessairement. Une résistance peut parfois être mieux comprise et progressivement assouplie lorsqu’on identifie ce qu’elle cherche à préserver. Avancer ne signifie pas toujours forcer davantage.
